Les femmes ne font-elles jamais l’histoire ?

Le Conseil supérieur des programmes renvoie les femmes aux oubliettes de l’histoire, déplore Cécile Beghin, historienne et membre du bureau de l’association Mnémosyne.

Voir l'article publié par Mnémosyne dans le Monde

"Les programmes de lycée qui nous sont proposés marquent un retour au « roman national », centré sur la construction de la France et ses grandes évolutions politiques, c’est-à-dire une histoire stéréotypée, datée, et essentiellement masculine. Les femmes n’y occupent aucune place, à l’exception de quelques personnages « prétextes ».

Le choix de privilégier une histoire politique et militaire dans les programmes de 1re, et d’accorder si peu de place à l’histoire sociale ou culturelle, renvoie les femmes aux oubliettes de l’histoire."


Et un article dans 50/50 : les nouveaux programmes soumis à consultation nous font reculer de 30 ans dans l’enseignement de l’histoire

"Dans le cadre de l’éducation nationale et des cours d’histoire, il est nécessaire que les programmes  indiquent aux enseignants la route à suivre pour transmettre une histoire mixte. « Comprendre le monde actuel », « l’appréhender de façon distancée et réfléchie », devenir un citoyen éclairé dans un espace civique qui aspire à plus de tolérance et d’égalité, ce n’est pas seulement se familiariser à l’histoire politique et militaire de la France ; c’est avoir accès à des champs de recherche contemporains, à des questionnements renouvelés qui permettent à nos élèves, garçons et filles, de se reconnaître et de se projeter dans notre corps social mixte. L’enjeu est de taille."
 
REFH publiera très prochainement son analyse.

Lors de l'atelier L’école des filles organisé par REFH au 8e Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie (CIRFF2018, Université Paris Nanterre, 27-31 octobre 2018),

Maria Stéfanou, Docteure en linguistique et didactique du français, a fait une intervention sur "Espace francophone et enjeux féministes : le rôle des établissements français dans l’éducation des filles en contexte hellénophone (XVIIIe-XXe siècles)".

Voir le résumé de cette intervention

 

 

Des femmes en littérature, 100 textes d’écrivaines à étudier en classe

Extraits du Compte-rendu de Catherine Chadefaud

Djamila Belhouchat, Céline Bizière, Michèle Idels et Christine Villeneuve, Des femmes en littérature, 100 textes d’écrivaines à étudier en classe, Guide de l’enseignement, Collège, éd. Belin Éducation et Des femmes- Antoinette Fouque, 2018, 285 pages, Illustré, index des autrices, prix 29 E.

L’ouvrage présente une anthologie de textes courts d’écrivaines françaises, européennes et américaines de l’aube de la Renaissance jusqu’ au XXIème siècle. Il est organisé en thématiques pour chacune des classes concernées de la 6ème à la 3ème. Les textes choisis survolent les différents genres littéraires, ils sont commentés et regroupés en séquences thématiques suivies d’activités pédagogiques. Les biographies des écrivaines accompagnent les extraits. Certains textes peuvent servir d’amorce à une étude approfondie avec des élèves de lycées.

Les professeur.e.s disposent là de matériaux dont la densité permet de mettre en lumière l’excellence et les compétences des femmes dans le domaine de l’écriture et des arts. C’est aussi un moyen d’aborder des sujets transdisciplinaires avec les professeur.e.s d’Histoire et d’Arts plastiques.

Voir le CR complet

Voici la réaction de l'association Mnémosyne pour le développement de l'histoire des femmes et du genre à la consultation sur les nouveaux programmes d'histoire proposés par le ministère de l'éducation nationale et le CSP présidé par Mme Souad Ayada.

Après une lecture attentive du préambule et des différents thèmes proposés dans les programmes de seconde et de première, l'association Mnémosyne souhaite rappeler certains points. 

Extrait :

"Dans le cadre de l'éducation nationale et des cours d'histoire, il est nécessaire que les programmes  indiquent aux enseignants la route à suivre pour transmettre une histoire mixte. « Comprendre le monde actuel », « l'appréhender de façon distancée et réfléchie », devenir un citoyen éclairé dans un espace civique qui aspire à plus de tolérance et d'égalité, ce n'est pas seulement se familiariser à l'histoire politique et militaire de la France ; c'est avoir accès à des champs de recherche contemporains, à des questionnements renouvelés qui permettent à nos élèves, garçons et filles, de se reconnaître et de se projeter dans notre corps social mixte. L'enjeu est de taille.

Dans l’association Mnémosyne, nous travaillons en ce sens auprès des enseignants, des collégiens et des lycéens depuis des années et nous avons à plusieurs reprises participé à des rencontres avec les concepteurs de programme pour leurs communiquer nos recommandations. Associée à d’autres représentants soucieux de l’Égalité femmes-Hommes, notre association avait demandé à être entendue par le CSP en juillet 2018. Mais cette demande de Mnémosyne n’a reçu aucune réponse et les nouveaux programmes soumis à consultation nous font reculer de trente ans dans l'enseignement de l'histoire. Les femmes n'y occupent aucune place, à l'exception de quelques rares figures historiques égarées dans les « points de passages et d'ouverture ». Le choix de mettre à l'honneur une histoire politique et militaire dans les programmes de première, et d'accorder si peu de place à l'histoire sociale ou culturelle, renvoie les femmes aux oubliettes de l'histoire. Il s'agit d'une régression, qui ne correspond en aucun cas aux aspirations de la société actuelle, et a fortiori à celles de la jeunesse qui doit  s'y « reconnaître ». Si éduquer, c'est « dépasser les évidences », il nous semble nécessaire de dépasser l'évidence d'une histoire de facto masculine par omission du féminin, qui ne permet à aucun jeune lycéen et à aucune jeune lycéenne, de se sentir concerné-e."

Un chapitre est consacré à  "Eduquer filles et garçons à l'égalité et au respect mutuel " dans la Malette des parents.

Voir sur le site du  Ministère de  l'Education nationale.